| Au sud du Groenland, une vaste « tache froide » persiste dans un Atlantique pourtant en surchauffe. Une anomalie qui pourrait influencer directement les canicules en Europe |
Alors que l'ensemble de notre Planète se réchauffe indéniablement, une région au sud du Groenland résiste encore et toujours. Mieux, elle se refroidit significativement. D'où son surnom de « cold blob » ou « tache froide ». Il y a quelques jours encore, des chercheurs suggéraient que ce refroidissement soit lié à l'affaiblissement de l'Amoc, un mégacourant océanique qui influence notre météo. Un affaiblissement justement dû... au réchauffement climatique ! |
| Ce refroidissement mystérieux serait en fait directement lié à l'affaiblissement de l'Amoc, ce méga-courant qui influence fortement la météo de l'Arctique, de la Scandinavie et de l'Europe de l'ouest. Le courant Amoc (dont le célèbre gulf stream constitue l'un des segments) transporte les eaux chaudes de l'océan Atlantique sud vers les hautes latitudes de l'océan Atlantique nord. Cette eau se refroidit alors et redistribue la chaleur vers l'Europe, l'Islande, et le sud du Groenland. C'est ce qui permet à l'Europe d'avoir des hivers moins froids que le Québec, par exemple. Or, le réchauffement climatique est en train de le chambouler : la hausse des températures en Antarctique affaiblit l'Amoc, qui joue alors de moins en moins son rôle de transport des eaux. La fonte des glaces apporte aussi trop d'eau douce L’eau douce, une eau faiblement minéralisée et pauvre en sels. en mer et cela contribue à perturber le courant. Un cycle naturel a peut-être également joué un rôle, précisent les chercheurs : l'Oscillation Nord-Atlantique L’oscillation nord-atlantique peut être suivie dans le temps grâce à l’indice NAO, qui est déterminé annuellement en calculant la différence de pression moyenne et normalisée observée au sol entre Lisbonne (Portugal) et Reykjavik (Islande), de janvier à mars. Le mouvement d’oscillation est ensuite souligné en comparant la valeur obtenue à un point de référence. Lorsque les valeurs sont élevées en Europe, les hivers sont doux, mais pluvieux sur le nord du continent. Si elles sont négatives, les hivers sont très froids. Cependant, les chercheurs estiment que le blob froid est avant tout « un signe d'affaiblissement de l'Amoc, composante majeure du transport latéral de chaleur vers cette région. Un point de non-retour possiblement atteint d'ici 2025 « Sur le long terme, des données paléoclimatiques suggèrent que l'Amoc est à son niveau le plus faible depuis un millénaire. De plus, la salinité dans la zone de « masse froide » est à son niveau le plus bas depuis 120 ans, ce qui concorde avec une réduction du transport de sel par l'Amoc. L'intensification de cette zone froide est à prendre comme un signe précurseur d'un basculement prochain de l'Amoc, conclue l'étude. Quand va-t-il se produire ? « Bien qu'une grande incertitude subsiste quant à la proximité de la Terre avec ce point de basculement, les simulations des scénarios futurs de réchauffement climatique suggèrent qu'il sera franchi vers le milieu de ce siècle ». Si l'Amoc atteint son point de bascule vers 2050, cela ne signifiera pas que le courant s'arrêtera brusquement à cette même période. Mais plutôt qu'il se sera tellement affaibli que son effondrement sera ensuite inévitable dans le futur, d'ici quelques dizaines d'années plus tard dans les scénarios les plus pessimistes, et quelques centaines d'années plus tard pour les plus optimistes. Source Futura 2026 - Le Média qui explore le monde - Nathalie Mayer |
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