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Victoire pour la santé : l’Anses redouble de précaution sur la contamination au mercure |
En octobre 2024, BLOOM et Foodwatch France alertaient sur les risques posés par la consommation de thon contenant du mercure, un métal neurotoxique classé par l’Organisation Mondiale de la Santé (1) (OMS) comme l’une des dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique. Depuis notre signal d’alarme, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a revu son appréciation du risque de contamination au mercure (2): la Dose Hebdomadaire Tolérable (DHT) de la substance a été divisée par deux depuis la dernière publication Anses sur le sujet, établissant dorénavant à près de 890 000 le nombre d’enfants exposés à des risques graves pour leur santé. Au total, ce sont un enfant sur quinze et un adulte sur vingt qui dépassent la DHT. Cette mise à jour constitue une victoire d’étape pour notre campagne et rappelle au gouvernement et à la grande distribution l’inacceptabilité de leur inaction. Une division par deux de la Dose Hebdomadaire Tolérable pour le mercure Ce jeudi 12 février 2026, l’Anses publiait une nouvelle étude nationale (EAT3, 2026) utilisant les connaissances scientifiques les plus récentes pour évaluer le risque que pose le mercure pour les Français·ses. Dans cette étude, elle évalue notamment la part de la population qui est exposée au mercure au-delà de ce qui est sûr pour la santé. Pour cela, l’Anses utilise une Dose Hebdomadaire Tolérable (DHT) – seuil à partir duquel l’ingestion régulière de mercure est nocive pour la santé. La nouveauté est que l’Anses a utilisé une DHT deux fois plus protectrice que lors de ses précédentes études ! Concrètement, cela signifie que l’Anses considère que la dose de mercure à partir de laquelle on s’expose à un risque est désormais deux fois plus faible. Une véritable victoire d’étape pour BLOOM, qui dénonçait déjà, en octobre 2024, une influence au long cours des industriels du thon sur l’évaluation du risque sanitaire posé par l’ingestion de mercure. Une meilleure estimation de l’exposition de la population française Ce changement de Dose Hebdomadaire Tolérable (DHT) modifie significativement l‘évaluation de la contamination de la population au mercure. Ce sont aujourd’hui 890 000 enfants (7,3%) et près de 1 975 000 d’adultes (4%), contre 133 000 (1,11%) et 395 000 (0,84%) estimés dans EAT2, qui sont susceptibles de s’exposer à de graves effets sur leur santé1. L’Anses conclut que “les expositions […] au méthylmercure restent trop élevées pour tout ou partie de la population” en rappelant que cette substance “provoque des troubles comportementaux ou des retards de développement chez les enfants exposés in utero ou après la naissance, même en l’absence de signe de toxicité chez la mère.” (EAT3, 2026). Un outil imparfait qui nécessite une approche précautionneuse Sur l’exemple de l’Anses qui a su reconsidérer la gravité du risque de contamination au mercure et faire passer sa DHT de 1,6 à 0,7 microgramme par kilogramme de poids corporel par semaine, nous invitons l’agence sanitaire européenne à réviser sa propre DHT qui s’élève toujours à 1,3 µg/kg pc/semaine (EFSA 2012). Ce nouveau rapport de l’Anses reconfirme ce que BLOOM et Foodwatch France ont démontré l’an dernier : les consommateurs s’intoxiquent en mercure exclusivement via leur consommation de poisson, et en particulier via les poissons prédateurs tel que le thon, espèce la plus consommée en France et en Europe. “ Il est inadmissible que les consommateurs, et en particulier les enfants, s’exposent à de tels risques en consommant du thon. La Commission européenne doit tenir compte de ces évolutions de la DHT et réviser les normes qui encadrent la vente de thon contaminé au mercure.” explique Camille Schuster, chargée de campagne Mercure au sein de l’association BLOOM. Pour aller plus loin : - Du poison dans le poisson - Un enfant sur quinze contaminé au mercure : l’État doit agir Notes (1) OMS (2) Par souci de simplification nous parlons de « mercure » en général ici, mais il s’agit plus précisément de méthylmercure, la forme sous laquelle on retrouve en grande majorité le mercure dans les produits de la mer. Voir cet article sur le site BLOOM |
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